Button, button (Le jeu du bouton) / Richard Matheson

 

Couverture du livre : Richard Matheson - Nouvelles - Tome 3Dans un précédent article, je vous faisais part de mon impatience à voir « The Box« , le nouveau film de Richard Kelly, réalisateur de « Donnie Darko« , adapté d’une nouvelle de Richard Matheson.

Je dois vous faire un aveu : je n’ai pas résisté à lire la nouvelle dont ce film est tiré. Son titre ? « Button, button » (en français : « Le jeu du bouton »).
Et, si vous souhaitez la lire, elle est disponible dans le troisième et dernier tome du recueil des nouvelles de Matheson (p.287 à p294), publié aux éditions de poche « J’ai Lu » (8€, prix éditeur).
Cette nouvelle de huit pages, très courte en regard du long métrage qu’elle a inspiré, fascine d’emblée par son postulat : un couple de la classe moyenne américaine reçoit une boite au sommet de laquelle un capuchon protège un bouton. « Si vous appuyez sur le bouton, quelque part dans le monde, quelqu’un que vous ne connaissez pas mourra. Moyennant quoi vous recevrez cinquante mille dollars. » annonce M. Steward, l’homme qui la leur offre…

Ce n’est pas sans rappeler cette fameuse – et horrible – expérience de Stanley Milgram, que l’on peut découvrir dans le film d’Henri Verneuil « I comme Icare« . Ou également, dans une moindre mesure et néanmoins brillamment tournée en dérision, dans le film d’Ivan Reitman « Ghostbusters« . En résumé, il s’agit de la soumission à l’autorité, qui prouve que l’homme cède bien souvent à une certaine morale dès lors qu’il peut se réfugier derrière un connu « J’ai obéi aux ordres ».

Matheson va plus loin. Car, ici, la seule autorité qui vaille – nous sommes en Amérique – c’est l’argent. Du coup, l’enjeu est uniquement moral. L’ironie veut que cette nouvelle fut initialement publiée dans Playboy (je suis gentil, je vous mets le lien ;-) ) , en juin 1970. Playboy aime l’argent, et n’est pas à proprement parler le symbôle du féminisme.

Or – ne lisez pas plus loin, si vous ne voulez pas que je vous gâche le spectacle – il se trouve que la femme hérite du choix immoral, aux dépens de son mari, garant de la moral.

Néanmoins, la conclusion est assez savoureuse, même si j’avoue m’y être un peu attendu : homme et femme se connaissent-ils vraiment ?

Ces petites pirouettes donnent souvent le sel aux écrits de Richard Matheson. Elles se retrouvent beaucoup dans les épisodes de « Twilight Zone » (« La quatrième dimension »).

Je suis d’autant plus curieux de voir comment Richard Kelly a lui-même adapté cette nouvelle, qu’elle m’apparait courte.

Concernant ce Tome 3, et pour les fans de Matheson, de Spielberg, et de « Twilight Zone », vous pourrez y découvrir également les textes « Duel » et « Cauchemar à six mille mètres ». Je les lis actuellement, et y reviendrai donc probablement très prochainement…

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